American Vampire, le feuilleton sang contrefaçon !

Les vampires qui crament au soleil ou disparaissent avec un pieu en plein cœur, tout le monde connaît. En revanche, ceux qui prennent plaisir à bronzer tout en rigolant devant des balles en bois sont drôlement plus rares. Finie la suprématie des vampires européens de souche carpatienne. Le tout dernier modèle, fabriqué aux États-Unis, est ce qui se fait de mieux rayon suceurs de sang.

Les trois premiers tomes paraissent simultanément.

Les trois premiers tomes paraissent simultanément.

En se faisant contaminer accidentellement par du sang de vampire, Skinner Sweet, bandit américain de la fin du 19ème siècle, ne s’attendait pas à devenir l’un d’eux, et premier d’une toute nouvelle race, plus puissante et résistante. Skinner est formel, il est au vampirisme ce qu’une Ford dernier cri est aux bagnoles, tandis que les vieux carpatiens ressemblent à de vieux tacots. Non seulement son existence contrarie les autres vampires, infiltrés depuis belle lurette dans la société américaine et partout dans le monde, mais intrigue au plus haut point les Vassaux de Vénus, organisation occulte d’exterminateurs de vampires…
D’un côté, Stephen King, coscénariste sur le premier volume, en avait sa claque des « vampires pour midinettes » façon Twilight. D’où des suceurs de sang sans concession, qui n’hésitent pas à égorger, cramer, siphonner leur prochain. Véritable « héros » du premier volume, Skinner Sweet est une ordure irrécupérable, braqueur de banques, qui n’hésite pas à zigouiller les innocents. Et on ne peut pas dire que ses nouveaux dons lui servent à faire le bien…
De l’autre, le défilement des décennies permet d’en savoir davantage sur l’Amérique d’alors. Ainsi la construction du barrage Hoover, pendant la Grande Dépression. On y apprend que pour donner un peu de baume au cœur aux quelque 3 000 ouvriers s’usant sur ce chantier pharaonique, une ville encore méconnue, Las Vegas, eut l’autorisation temporaire – mais oui ! – de légaliser jeu et prostitution…
Bref, Snyder et Albuquerque ne se contentent pas de dépoussiérer et d’offrir une gnac d’enfer au mythe vampire, ils se servent d’immortels peu commodes pour planter leurs crocs dans l’histoire des États-Unis d’Amérique, de 1880 jusqu’aux années 50.

American Vampire #1 à #3, Rafael Albuquerque, Scott Snyder, Urban Comics, 10-15 €, dispo.

skinner
© Urban Comics et les auteurs.

3.0

Cool

  • Du neuf rayon vampire
  • Prétexte à découvrir l'histoire des USA

Pas cool

  • Des chapitres moins haletants que d'autres
John Kay

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John Kay

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Je suis capitaine de Wartmag.com et journaliste au mensuel BD Casemate.

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