Autocensure à la CIBDI ? Finalement oui

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À la veille du festival d’Angoulême, nous vous racontions que la censure de plusieurs planches de l’exposition Bitterkomix avait pu être empêchée par une entrée interdite aux mineurs. Le festival clos et les vigiles partis, Gilles Ciment, le directeur de la cité internationale de la bande dessinée et de l’image, s’est empressé de retirer les quelques planches trop « sexuelles » qu’il « ne voulait pas chez lui » comme l’expliquait le commissaire de l’exposition Romain Brethes, sur le blog de la Charente Libre, au début de la polémique. Autant dire qu’on n’est pas prêts de voir une expo Manara au musée de la BD…

A propos de l'auteur

John Kay

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Je suis capitaine de Wartmag.com et journaliste au mensuel BD Casemate.

6 Responses

  1. JLouis

    Cette information provient à priori du blog de cornélius. Le mieux, dans ce cas-là, c’est de donner la source ou de faire un lien.

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  2. marnie

    salut Wartmag !
    bon ce mercredi est sorti un numéro de Siné Hebdo avec un article qui déchire sur l’affaire de la censure d’Angoulême !
    affaire à suivre, ça pue, la censure
    M.

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  3. Zoé D.

    Censure, liberté d’expression, tout est question de point de vue. Il y a le point de vue des parents, celui des hommes et celui des femmes en fonction de leur âge et de l’éducation qu’ils ont reçue, celui des enfants, celui des adultes sans responsabilité de famille qui n’ont pas à gérer la question des images qui surgissent sur l’internet à tout moment, du risque pour un enfant de faire une mauvaise rencontre.
    La curiosité des enfants est naturelle, puisqu’ils naissent sexués, et doivent attendre environ 16/17 ans pour avoir une vie sentimentale et /ou sexuelle. Par compte, ils sont amoureux dès le plus jeune âge. C’est pour cette raison que je trouve révoltant d’imposer des images choquantes à ces enfants.
    Je pense que l’adulte a le devoir de protéger les mineurs des images de son invention. Ces images viennent « polluer » les premières expériences amoureuses et leur faire croire qu’on a le droit de faire ce que l’on veut avec le corps de l’autre, que les fantasmes et les pratiques représentés sur les images font partie de la norme.
    Ce souci-là, je ne connais pas un seul parent qui ne l’ait pas connu, à la veille d’un départ en classe de découverte ou en colonie, et même chez une nourrice. Il y a le point de vue de l’adolescent-garçon qui voudrait bien savoir comment ça se passe avec une fille…sauf qu’en 2009, il va être confronté à des images dégradantes pour la femme, la « fille  » dont il rêve.
    Nous vivons dans une société où l’on bouge beaucoup, sauf chez les gens qui n’ont pas d’argent. On laisse les ados tout seul pendant que les adultes s’offrent un petit voyage. Pour aller au collège, des gamins s’habillent comme pour aller en boîte nuit, des filles notamment, montrant leurs seins et leur nombril dès l’âge de 10, 11 ans, en imitant les vedettes de la télé réalité, ou des magazines qu’elles lisent. Les limites entre la vie privée et la vie publique sont abolies : dans la plupart des fêtes, les mecs font des striptease, on prend des photos en montrant ses fesses. Je suis étonnée qu’un nouveau « Roland Barthes » n’apparaisse pas dans les médias pour analyser le sens de ces nouveaux comportements. Pour faire de l’audimat, la 6 présente un reportage sur les boîtes d’échangisme à une heure de grande écoute.
    Le désir est partout, et il n’a pas changé. Lorsque j’étais étudiante aux Beaux-Arts à Paris, je me faisais accoster très souvent par des hommes qui me demandaient carrément de monter chez eux. Cela ne m’a pas donné plus de confiance en moi, c’était plutôt dévalorisant et culpabilisant. Comment une jeune femme peut-elle structurer sa personnalité à 20 ans face aux désirs des hommes ?
    J’ai été confrontée à plusieurs reprises à des espaces d’exposition interdits aux enfants. Si les enfants circulent librement en précédant les parents dans un lieu où aucun avertissement n’est visible dès l’entrée ou la caisse où l’on paye, ils seront confrontés à des images interdites. D’autre part, le parent responsable n’aura pas accès à la salle prohibée s’il prend en compte l’interdiction et qu’il est seul pour accompagner l’enfant.

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