3.0

Cool

  • Un BPRD au bord de la crise de nerfs
  • 288 pages bien remplies

Pas cool

  • Ciao Guy Davis
  • La panique mondiale, peu palpable
John Kay
Hellboy est en enfer, monstres et dieux ont envahi la Terre, des catastrophes naturelles rasent des mégalopoles entières et les morts se comptent par millions. Nouvelles menaces, nouveaux enjeux, l’occasion pour les éditions Delcourt d’offrir une petite cure de jeunesse au Bureau de Défense et de Recherche sur le Paranormal, en renommant B.P.R.D. en B.P.R.D. – L’Enfer sur Terre.
Sans se mentir, ce "tome 1" est en fait un "tome 12" !

Sans se mentir, ce “tome 1” est en fait un “tome 12” !

Rassurez-vous, l’éditeur français n’essaye pas d’entourlouper son lectorat. Avec des ventes à la nouveauté sans doute pas stratosphériques, ce nouveau cycle mijoté par John Arcudi et Mike Mignola, marqué par le départ du formidable dessinateur Guy Davis et l’arrivée du non moins talentueux Tyler Crook, était l’occasion idéale d’offrir au feuilleton un petit toilettage sur la forme. D’où nouveau titre, nouvelle maquette et nouvelle numérotation, en transformant ce douzième volume en “tome 1”, histoire de séduire de nouveaux lecteurs sans les effrayer avec les onze opus précédents.

S’il est possible de prendre le train en route avec cet épisode, les nouveaux arrivants auront cependant bien du mal à percevoir toutes les subtilités de B.P.R.D., puisque Arcudi et Mignola mettent un point d’honneur à travailler la psychologie de leurs personnages au fil des épisodes, n’hésitant pas à en briser certains, à en tuer d’autres. Par exemple, face à la cruauté de la situation et à une prophétie glauque de chez glauque le concernant, Abe Sapien, copain amphibien d’Hellboy, n’est pas loin de perdre son flegme. Pas mieux du côté du médium Johann Kraus, broyant du noir face à la dépouille de Roger l’Homoncule, tandis que le docteur Kate Corrigan doit gérer l’équipe et la paperasse. Rarement les membres du Bureau n’auront été si peu soudés, rarement la menace n’aura été si patente.

Problème, malgré les millions de morts, on ne ressent pas vraiment d’urgence de vivre sur cette Terre dévastée. Comme s’il s’agissait d’une péripétie parmi tant d’autres, que la situation finirait par s’améliorer. Une impression renforcée par l’épisode consacré à Liz Sherman (sur lequel Tyler Crook fait ses armes, avec un style bien différent de celui de Guy Davis, mais dont l’énergie est étrangement similaire) où la jeune femme fait face à une bande de dégénérés sectaires, plus concernés par leurs rituels douteux que par la situation que traverse l’humanité tout entière.

Pourtant, B.P.R.D. est de ces séries addictives auxquelles on pardonne tout, tant l’écriture, les personnages, le bestiaire mis en scène sont d’une qualité effarante, offrant ce qui se fait de mieux en matière de feuilleton paranormal. En passant, B.P.R.D. n’est pas la seule œuvre de la galaxie Mignola à s’offrir un ravalement de façade, puisque la série mère aura droit au lifting. Hellboy #14, attendu en février prochain aux éditions Delcourt, paraîtra sous le nom Hellboy en Enfer #1. Idéal pour réchauffer les soirées d’hiver.

B.P.R.D. – L’Enfer sur Terre #1, Dieux et Monstres, Guy Davis, Tyler Crook, John Arcudi, Mike Mignola, Delcourt, 25,50 euros.

bprd

L’extraordinaire Guy Davis quitte l’aventure. So long and thanks for all the fish !

Illustrations © Guy Delcourt Productions, Davis, Arcudi, Mignola

A propos de l'auteur

John Kay

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Je suis capitaine de Wartmag.com et journaliste au mensuel BD Casemate.

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