Brooklyn Dreams : le roman graphique de l’été ?

À l’image de ce qu’ils ont fait l’an passé avec Super Spy, les éditions Futuropolis sortent juste avant l’été un gros pavé de bande dessinée américaine. De la bonne. Publiée il y a 15 ans outre-Atlantique, cette histoire autobiographique signée Jean-Marc DeMatteis sur des dessins de Glenn Barr revient sur l’année de terminale du scénariste, passée dans Brooklyn, le quartier populaire New Yorkais.

Sans déflorer son récit tentaculaire, on peut vous dire qu’il y est question de drogue, de prison, d’amour et d’introspection. Attention, le narrateur n’est pas un petit caïd de banlieue. Il va subir son passage au poste à cause d’une bête panique avec son meilleur ami en possession de dope. L’expérience malheureuse lui servira de déclic vers la recherche de sa vocation. Ce qui est chouette avec Brooklyn Dreams, c’est la ponctuation du récit par de nombreuses digressions ou apartés du narrateur qui fait face au lecteur, façon tête-à-tête avec mon psy. L’autodérision est toujours présente, la moquerie et la drôlerie aussi.

Cette variété dans le propos se retrouve aussi sur le plan graphique, puisque le dessinateur Glenn Barr passe d’un style à l’autre avec une fluidité pas possible. Caricature, dessin de presse, illustration… de nombreux styles s’entrechoquent au gré des souvenirs du scénariste et ça fonctionne à mort. Malgré tout, la richesse du propos transparaît aussi sur le prix de l’ouvrage, facturé 26 euros. Pour 384 pages denses et bien remplies, les amateurs de récits épais seront amplement servis.



Les images sont © DeMatteis, Barr, Futuropolis.