Japan Expo 9 câline ses visiteurs

Avec près de 120 000 visiteurs, la neuvième édition de Japan Expo a relevé son pari en terme de fréquentation. Un flot continu de visiteurs a rempli chacune des salles dédiées à un pan de la culture asiatique. Retour en images sur l’évènement.

Doté d’une architecture froide et d’espaces démesurément grands, le parc d’expositions de Paris-Nord Villepinte est un tue-l’amour en terme de charme et de convivialité. Sol brut, lumière blafarde, espaces totalement vides, rien dans le décor de base ne vient flatter l’œil du visiteur. Si le lieu semble pharaonique, il faut avouer que l’affluence soutenue, tout au long des quatre jours de la manifestation, demandait bien un espace conséquent à défaut de pouvoir s’implanter au cœur d’une ville.
Résultat, une fois la file d’attente passée et le billet d’entrée acquis pour 12 euros, on a l’impression de se retrouver dans un hypermarché surdimensionné où se côtoient fans gothiques des rendez-vous du marquis, badauds néophytes avec appareil photo en bandoulière, amateurs d’arts martiaux et personnages tout droits issus du monde des bisounours.

Les cosplayers : minorité visible

Inévitables, les cosplayers forment l’attraction la plus immédiate de la Japan Expo. Déguisés en leurs héros préférés, de Sangoku à Darth Vader, en passant par des personnages aux tenues improbables ou des lolitas goth, tous ces individus font la joie des allées, se photographiant à tour de rôle. Une occupation majeure du lieu pourtant réprouvée par la charte du salon stipulant que « les photos de cosplayers dans les allées du festival sont strictement interdites ». Dans ce cadre, il est à noter que des tenues vraiment très courtes portées par des participantes vraiment très jeunes font quelque peu tiquer. C’est simple, lâchez une horde de Jean-Luc Lahaye dans le salon et c’est un carnage assuré. Reste qu’à part la longueur des jupes et quelques vieux messieurs munis de caméscopes, l’ambiance entre cosplayers et visiteurs est franchement amicale et festive, les Free Hugs venant compléter l’évènement pour les amateurs de calins gratuits.



Au rayon des stands, Nintendo et Ubisoft dans la partie jeux vidéo se sont taillé la part du lion, avec des espaces imposants. L’éditeur français proposait de découvrir le titre Soul Calibur 4 ou de jouer avec ses dorénavant cultes Lapins crétins, tandis que Nintendo mettait le paquet sur sa Wii et l’univers Pokemon. Côté éditeurs, tous ont fait un véritable effort de scénographie à l’image du mini musée mis en place chez Tonkam ou d’un espace accueillant chez Pika. La palme des décors revenant ex æquo à Kana pour son Naruto géant et à Glénat pour son environnement tiré de l’univers de One Piece, dont le réalisateur de la série animée, Munehisa Sakai était présent pour une conférence et se retrouvait acclamé dans les coursives par ses fans déguisés. À la jonction de ses deux univers, le stand Ankama était tout simplement incontournable avec son dessin animé Wakfu, son jeu vidéo Dofus et ses bandes dessinées tirées de cet univers vidéoludique ; sans compter les albums de Maliki et du label 619 de Run, l’auteur de Mutafukaz. Ankama gagne même la palme de la file d’attente la plus longue et surréaliste pour acheter des bouquins et goodies.




Ne manquait que Mariah Carey

Du côté des créateurs, de nombreux auteurs internationaux ont également répondu présent. Scénariste des œuvres cultes Lady Snowblood, Crying Freeman et Lone Wolf & Cub, Kazuo Koike a fait le déplacement pour empocher un des prix spéciaux du jury. Deux dessinateurs sont repartis avec la même récompense, à savoir Go Nagaï, le créateur de Goldorak et Takeshi Obata, auteur de Death Note. Dommage que ce dernier cultive les caprices de midinette, refusant à quiconque de le prendre en photo… n’est pas Mariah Carey qui veut ! Dans la même catégorie, Oh Great, l’auteur d’Air Gear, invité par Ubisoft, a refusé une séance de dédicaces annoncée dans le programme, prétextant un malentendu dans son contrat. Une attitude de diva dommageable pour tous les fans en présence.

En terme de variété, le contrat est largement rempli, nul doute que l’amateur de culture asiatique, de cosplay, de jeu de plateau y a trouvé leur compte. Si le billet d’entrée reste cher, l’offre en présence comble la douloureuse. Reste que le salon ne propose aucune exposition digne de ce nom – seule la Shueisha pour les 40 ans du magazine Shonen Jump proposait une vraie expo –, ni d’espace didactique pour les personnes voulant s’initier à cette culture. Pas de doute, un béotien curieux sera littéralement perdu dans tout ce maelstrom, sans parler des parents venus découvrir l’univers de leurs enfants.



Avec cette neuvième édition, la Japan Expo s’affirme, s’il en était encore besoin, comme un rendez-vous incontournable. Pour preuve, la présence de nombreux représentants japonais dans toutes les travées, venus voir l’ampleur du phénomène. Reste alors un manque de second degré avec la faible présence d’évènements décalés, doublés d’un certain autoritarisme de la part de l’organisation et de la sécurité, pour cette manifestation promis à un avenir toujours plus radieux. Un constat finalement normal pour une manifestation traitant de l’empire du soleil levant.

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