Le manga antillais fait son entrée dans le 9e art !

Alors que certains ne comprennent déjà pas ce que sont les manfra, les franga ou le global manga, les éditions Caraïbeditions lancent ce mois-ci Les Iles du Vent, le premier manga antillais réalisé par Élodie Koeger et Hector Poullet. Si le scénariste enseigne en Guadeloupe depuis des dizaines d’années, connu pour de nombreux ouvrages sur la culture créole, la dessinatrice est originaire d’Alsace !

Mais n’allez pas croire, que l’ouvrage s’est fait par mails interposés, Élodie Koeger a vécu cinq mois en résidence guadeloupéenne pour s’imprégner des ambiances et commencer à réaliser le premier volume de la série qui en comptera trois. Si l’œuvre est calibrée “manga”, ça serait pour toucher davantage de jeunes et proposer un récit plus dense, en plus d’un prix abordable de 7,90 euros. Car une fois le volume en main, on constate que la dessinatrice n’a pas abusé des lignes de vitesses ou des cadrages dynamiques ce qui pose Les Iles du Vent à mi-chemin entre manga et BD franco-belge.

Côté thèmes, derrière une histoire d’amour bourgeonnante entre la jeune Antillaise Dionine et Yann un douanier d’origine bretonne, les auteurs abordent sous tous les angles l’immigration clandestine d’Haïtiens, traqués sans relâche par les autorités, secourus parfois par la population locale. Un thème qui trouve un écho particulier avec l’actualité métropolitaine et sa fameuse jungle de Calais… Didactique, le volume est complété par des cartes, un lexique détaillé et quelques recettes de cuisine ! Première création manga pour ses auteurs, Les Iles du Vent est un livre convaincant qui malgré un dessin parfois inégal nous transporte dans aux Antilles et nous fait découvrir des enjeux et situations qui émeuvent rarement la presse métropolitaine.



Les images sont © Caraïbeditions, Koeger, Poullet.