Le Salon du Livre clôt son week-end sur un mauvais canular

Longue file d’attente pour Philippe Geluck, 8 heures de dédicaces pour la romancière Anna Gavalda : côté signature, le public était bel et bien présent porte de Versailles, dans un hall aéré où la circulation était facilitée par la nouvelle disposition des stands et des artères de circulation très dégagées. Un week-end marqué par un afflux de visiteurs samedi et compromis dimanche après-midi par une alerte à la bombe qui laissera le salon cruellement vide.

À l’intérieur du parc des expositions, la bande dessinée était à l’honneur avec une exposition autour du Chat plébiscitée par le public et un village manga qui bénéficiait d’une effervescence particulière avec la venue de l’auteur star de Gto, Tôru Fujisiwa, le tout rehaussé de cosplays et de la bonne humeur communicative des otakus. Les alternatifs ont eux aussi répondu présent, de la maison Warum aux éditions Çà et là et Cornélius, en passant par le collectif Café Creed qui présentait de nouveau l’ouvrage collectif Gingko. L’Association n’était en revanche pas présente sur le Salon.

Côté gros éditeurs, ils étaient presque tous là, de Dargaud et son label manga Kana à Dupuis. Casterman était hébergé sur le stand de sa maison mère Flammarion au milieu des romans et essais, tout comme Futuropolis installé dans l’espace du groupe Gallimard. Delcourt et Glénat présentaient eux aussi l’ensemble de leur catalogue dans une zone consacrée à la BD qui, comparée au festival d’Angoulême, manquait de musique… L’explication est simple, Soleil n’a pas fait le déplacement avec son stand géant « son & lumière », tout comme Bamboo et les Humanoïdes Associés, ce dernier s’étant déjà désisté pour Angoulême. Des absences décevantes de L’Association et Soleil, qui n’en déplaise aux détracteurs de ces deux éditeurs, ampute l’espace BD d’une part importante de son identité. Certes, les deux maisons d’édition n’ont rien en commun si ce n’est d’apporter de nouveaux lecteurs au neuvième art avec des séries comme Lanfeust de Troy ou Persepolis.



Au bout du compte, Livre Hebdo confirme une fréquentation en baisse pour les deux premiers jours de la manifestation, annonçant en revanche une hausse pour le samedi et un dimanche qu’on attend en demi-teinte, surtout après l’évacuation totale du Salon autour de 17h, suite à une alerte à la bombe qui aura fini de refroidir les visiteurs.
Des chiffres pas évidents à décrypter, même s’il est probable que la tension et les moyens de sécurités accrus, allant des portiques aux fouilles de sacs sans compter les détecteurs à main, auront effrayé une part des curieux qui préfèreraient attendre pour une signature de livre plutôt que passer par un checkpoint de sécurité !