Leviathan, l’alien sous-abyssal

Chez Wart, vous l’aurez compris depuis maintenant quelques semaines que nous vous en présentons, on aime les séries Z. Mais là, franchement, ça va être dur. Malgré tout l’amour que je porte à ce genre cinématographique, il faut bien reconnaître que Leviathan est sans nul doute l’un des plus mauvais films qu’il m’ait été donné de voir.

Et les dieux savent que j’en ai vu. Tout dans ce film pousse à rire, pour peu que l’on soit un minimum bon public ; dans le cas contraire, c’est le dépit le plus complet qui vous attend.
Leviathan accumule tous les ingrédients, ou plutôt non, tous les archétypes et poncifs du genre pour les entasser et en accumuler le plus possible en une heure et demie de film. Rien que le magnifique bandeau « Par l’équipe de Titanic, Terminator et Alien » du DVD nous fait rêver. Avec de telles références, le succès est garanti ! Basé sur les idées de très bons films (Alien, The Thing, Hidden, les références ne manquent pas…), on se retrouve au final avec une espèce de rien du tout incroyablement indigeste comme il en existe peu.

Du coup, nous voici donc envoyés au fond des océans, 3 500 mètres sous l’eau, dans une station minière occupée par une équipe de 8 personnes. Rien que là, la distribution est magique : la starlette parfaitement maquillée malgré les conditions, le doc ivrogne radié, le chicano, le grand black, et bien évidemment le très apprécié des connaisseurs « chef qui veut bien faire mais n’y arrive pas et n’est pas respecté mais est en fait un bon gars ». Mais attention, tout n’est pas uniquement du manque de respect envers le spectateur, puisqu’au sein de l’équipe, on retrouve, avec stupeur il est vrai, Daniel Stern (le méchant abruti de Home Alone, mais qu’allait-il donc faire en cette station sous-marine ?) et Peter Weller en tête d’affiche (certes mieux connu pour ses compositions d’Alex Murphy, i.e. Robocop). Bien sûr, des acteurs aux talents tels ne peuvent que s’aligner au niveau des répliques qui leurs sont attribuées, et dans le cas présent, ce n’est pas peu dire… Le summum étant atteint par ce formidable moment de psychologie exprimé par le grand noir du groupe : « Mon unique problème cutané, c’est la couleur de ma peau. » Et là, c’est sûr, on est bien contents que des scénaristes aient été payés pour ce résultat.

Reste la bête. Et oui, car bête il y a, sinon point drôle cela ne serait, d’autant que le texte de présentation attise notre curiosité en ces termes élogieux : « Une créature immonde qui refuse de mourir et qui ne vit que pour tuer ». Ouf se dit-on, le film est sauvé ! Et bien non, car en fait de Leviathan, il ne s’agit que du nom d’un bateau, dans ce film. Pas de monstre biblique pour rehausser le niveau, mais juste une merveilleuse composition de masques et plastiques extrêmement écoeurante. Heureusement, finalement, qu’on ne la voit presque jamais.

En bref, George Pan Cosmatos signe avec Leviathan, pourtant porteur de l’alléchant sous-titre « la créature génétique », une chape de plomb cinématographique rare, bourrée d’incohérences. Actuellement éditée en DVD chez Quadra Vision, cette « œuvre » se trouve facilement dans les tas de films à 1 ou 2 € à l’entrée des centres commerciaux et animera parfaitement une soirée arrosée entre amis, pour peu qu’il y ait une ou deux filles émotives dans l’assistance.

Bill Razor