L’expérience TROLL 2

L’industrie du cinéma mondial, comme on dit de nos jours, est constituée d’un panel de films innombrables, parmi lesquels on trouve des chefs-d’œuvre, des bons films, des mauvais films ou encore des navets.
Le film dont nous allons vous parler passe outre tous ces clivages et sort des grilles d’appréciation habituelles.
Plus qu’un simple film totalement raté, bien au-delà des codes de la série Z, TROLL 2 est une expérience à vivre, un de ces trucs dont on sait que c’est stupide à faire, mais qu’on essaie quand même (et qu’évidemment on va s’empresser de faire faire à nos amis par la suite pour se sentir moins bête), comme mettre sa langue sur une pile ou boire du petit lait.

Or donc, et malgré ses apparences, TROLL 2 est un véritable film, d’une durée de 95 minutes, écrit et réalisé par Claudio Fragasso sous le pseudonyme de Drake (parfois Drago) Floyd. Sorti sur les écrans en 1990, il raconte l’aventure d’une famille qui part en week-end à la campagne, dans la petite ville de Nilbog (attention, subtilité : Nilbog = Goblin à l’envers, c’est vous dire le niveau). Las ! Cette ville est effectivement sous le contrôle d’un groupe de goblins anthropophages végétariens. Qu’est-ce à dire ? C’est très simple : les goblins font boire aux humains une substance gluante verdâtre qui change ceux-ci en végétaux, les rendant ainsi comestibles. Très simple, on vous dit ! Mais alors, comment contrer la menace d’une troupe de schtroumpfs armés d’assiettes de gelée et d’un grand appétit ? Mais en mangeant un sandwich au salami, bien entendu ! Voilà bien de quoi rendre amène le plus anthropophage des goblins végétariens !

Bon, on ne détaillera pas plus l’histoire, ce serait vraiment gâcher, surtout que la fin est un véritable clou de spectacle. Vous l’aurez sans doute compris, ce film est une arnaque culturelle complète, à commencer par son titre, qui fait suite au film TROLL (1986), mais ne correspond aucunement aux « monstres » du film : foin de trolls, vous n’aurez droit qu’à des espèces de gnomes bossus bouffeurs de racines et injustement baptisés goblins. Le traitement de ces « monstres » est de plus une nouvelle source de réjouissance : en raison d’un très faible budget, les acteurs n’eurent droit qu’à quelques masques en plastique comme on en trouve sur les fêtes foraines. Les acteurs « humains », illustres inconnus, font évidemment montre d’un talent inénarrable, et le spectacle n’a de film d’horreur que le nom, tant il est impossible, passé, disons la première demi-heure, de se retenir de rire, aux larmes pour les téléspectateurs les plus jeunes d’entre nous.

TROLL 2 est un film culte parmi les références du 7ème Art, sans fausse prétention. Encore classé, à la date du 30 janvier 2007, 14ème plus mauvais film de tous les temps par l’Internet Movie Data Base, cette production peut offrir un début d’explication du manque de réussite du cinéma italien dans le domaine de l’horreur. Perle incontournable pour les férus de séries Z, ce film est à posséder absolument dans sa vidéothèque (à plus forte raison qu’un coffret MGM double DVD avec le film TROLL est trouvable pour quelques euros sur amazon.fr).

Bill Razor