Moebius donne le vertige au Futuroscope

Samedi 9 février, le Futuroscope ouvrait ses portes avec une nouvelle attraction nommée La Citadelle du Vertige, tirée de la bande dessinée Le Garage Hermétique. Pour cette inauguration, la presse BD était conviée afin de découvrir cette expérience conçue grâce à L’Hallucinoscope, une technique inventée par Gérard Majax.

Pour assister à la présentation par Jean Giraud alias Moebius de ce spectacle en 3 dimensions, il fallait être matinal avec un train au départ de la gare Montparnasse à 8h10. Accompagnés de leurs enfants ou d’amis, nombreux sont ceux qui ont répondu à cette invitation, donnant au voyage un petit côté colonie de vacances sympathique.

Après trois ans chaotiques passés dans le groupe de presse Amaury au début des années 2000, le Futuroscope est vite retourné dans le giron du public. Géré par une société d’économie mixte avec pour principal actionnaire le département de la Vienne, le parc de l’image s’emploie depuis à reconquérir le grand public avec un renouvellement de 70 % de son offre d’attractions en 4 ans. Dans cette entreprise de modernisation orchestrée par Dominique Hummel, le président du directoire du parc, l’auteur Moebius et le magicien Gérard Majax succèdent ainsi, entre autres, à Kamel Ouali, créateur de la chorégraphie de l’attraction La danse des robots, une des innovations de 2006.


Dominique Hummel le président du directoire du parc entouré lors du repas de Moebius et Gérard Majax crachant de la fumée sous l’effet d’une meringue azotée, une des innovations culinaires du parc.

Là où le spectacle du chorégraphe de la Star Academy emploie 10 bras articulés capables d’accélérations de 3G dignes des puissants manèges de fêtes foraines, La Citadelle du Vertige se révèle être un parcours à l’extrême opposé. Conçu par la société LargoX, habituée à créer des évènements pour le parc, le spectacle repose sur un système ingénieux mis au point par le prestidigitateur Gérard Majax. Ici, un miroir positionné sous le nez du visiteur donne l’impression de planer au dessus de l’univers présenté, le véritable décor étant lui accroché aux murs et plafond.



Ci-dessus, l’arrivée au parc, le point photo, le pont qui rejoint la gare au Futuroscope, l’entrée de la Citadelle du Vertige, l’intérieur de l’attraction, Moebius dans le pavillon et un chat en balade.

Idée simple, qui renvoie aux astuces des magiciens depuis Houdini, le spectacle étonne par son côté décalé face aux monstres de technologie déployés dans l’enceinte du parc. L’aventure n’en reste pas moins convaincante, seul le positionnement du miroir laissé à l’appréciation du spectateur peut faire sortir celui-ci de l’immersion proposée à quelques moments. A la sortie, la majorité des visiteurs semble conquise, nombreux regrettant seulement une expérience jugée trop courte.

Original et astucieux, ce nouveau pavillon ne pourra pas, à lui seul, motiver la visite du parc avec son billet d‘entrée à 33 € ; mais associé aux nouveautés de ces dernières années, il s’avère être un vrai plus où l’univers de Moebius trouve un écrin de choix. Les curieux pourront ainsi rentrer de manière originale dans le monde délirant du dessinateur et de son héros, le Major Grubert. Une remise au goût du jour qui tombe à pic, l’auteur préparant une suite à cette histoire, intitulé Le chasseur déprime, à paraître cette année aux éditions Stardom.



Ci-dessus, Moebius, Gérard Majax et Patrick Bensaval patron de Xlargo posent pour les photographes devant les panneaux extérieurs du pavillon accueillant La citadelle du vertige.

Croisé dans le train du retour, l’ancien Premier ministre et actuel sénateur de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin garde toujours un œil attentif sur le parc qu‘il a contribué à faire exister.

Connaissez-vous l’œuvre de l’auteur Moebius ?
Très mal, mais j’ai vu passer ce dossier pour le parc. Je fais toute confiance à Dominique Hummel dans ses choix artistiques. Il me paraissait important de créer un lien entre Angoulême et Poitiers en terme de bande dessinée avec cette attraction.

La bande dessinée est un sujet important pour la région ?
Tout à fait, c’est un sujet régional avec des racines fortes, la région était riche d’usines à papier et d’imprimeurs. C’est une thématique fédératrice qui trace un trait d’union entre passé et avenir, notamment avec l’école de l’image, c‘est une grammaire du futur.

Êtes-vous un lecteur de bandes dessinées ?
Plus maintenant, même si on m’en offre beaucoup. Dans ma jeunesse, j’en lisais. Je suis un inconditionnel d’auteurs humoristiques comme Cabu et Wolinski, même quand ils égratignent mon camp politique.

Toutes les photos sont © Wart.