Musée Hergé : en plein orage médiatique

Lors de la présentation du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve à la presse, près de Bruxelles, les ayants droit du créateur de Tintin ont interdit aux médias de prendre photos et vidéos des 8 salles d’exposition, prétextant une protection des œuvres. Des journalistes venus de toute l’Europe s’en sont vite agacés, certains ayant quitté les lieux sur-le-champ, d’autres consacrant une partie de leurs articles à l’incident quand ce n’est pas un sujet télé complet. Seule façon de ramener des photos pour les visiteurs du musée qui ouvrira le 2 juin ? S’offrir le catalogue officiel, facturé 39 euros.

En marge de cette présentation, le journal de 20h de TF1 a porté un coup peu flatteur à Moulinsart, société d’exploitation commerciale gérée par Nick Rodwell, dans une enquête sur « le business Tintin » où diverses interdictions sont passées en revue là où d’autres opérations officielles sont mises en avant pour leur aspect très lucratif. De quoi filer des sueurs froides aux ayants droit, en plus de tous les mauvais papiers autour du musée qui a coûté entre 15 et 20 millions d’euros et qui compte accueillir 200 000 visiteurs par an.

Ce n’est pas la première fois que Moulinsart est au centre de clashs virulents. Que ce soit contre la presse ou les passionnés, la société justifie ses contrôles et interdictions par un souci de respect de l’œuvre d’Hergé. Pourtant, les éditions de mauvaise qualité des albums Tintin ne se comptent plus, des tirages club avec reliures au rabais en passant par le Tout Tintin aux pages translucides, sans compter les éditions DVD de la série animée à la qualité vidéo encore moins bonne que sur un enregistrement VHS ! Pour les fans et passionnés du reporter à la houppette, difficile d’attendre mieux que son passage dans le domaine public…

Journal 19h30 RTBF • Sonore •
Tintin © Casterman / Moulinsart / Hergé. Image du module © El Mundo / Atelier de Portzamparc.