Ponyo sur la falaise, un Miyazaki sous acide

Mercredi 8 avril, le nouveau long-métrage d’animation d’Hayao Miyazaki débarque dans les salles françaises. Si le réalisateur de génie nous avait jusqu’alors habitués à une surenchère technique à chaque métrage, multipliant les prouesses d’animation, Ponyo sur la falaise marque un retour à la simplicité graphique, avec des personnages proches de l’épure qui ne sont pas sans rappeler ceux du fameux Totoro

Dans cette histoire, Miyazaki se réapproprie le mythe de la petite sirène. En gros, Ponyo, un poisson, va tomber amoureux du petit Sosuke et va peu à peu se transformer en petite humaine, au grand dam de son père, sorte de roi des océans. Bien que le pitch ne soit pas le plus excitant que Miyazaki ait pu livrer, ce film n’en est pas moins un des plus étranges, dans la mesure où le réalisateur introduit une galerie de personnages baroques très bizarres – attendez de voir les parents de Ponyo – face à d’autres qui le sont moins, comme les petits vieux de la maison de retraite dans laquelle travaille la maman de Sosuke.

Jouant avec ses thèmes de prédilection, l’amour, l’enfance, l’écologie, Miyazaki ne refourgue pas pour autant un film à message bien lourdingue, mais une œuvre tantôt délicate, tantôt déjantée, se permettant quelques running-gags et une scène de tsunami wagnérienne pas piquée des vers. On dirait presque que sur ce film, Miyazaki y a mis tout ce qu’il avait en lui de Mœbius ! Ça donne une œuvre très en marge de sa production habituelle, à rapprocher de Totoro plutôt que Princesse Mononoke ou Chihiro. Les grands fans de ces films-là risquent d’être déçus.