Rocher Rouge T2 cherche dessinateur

Le scénariste Éric Borg a posté une annonce ce week-end sur le forum Café Salé, à la recherche d’un dessinateur pour la suite du superbe Rocher Rouge. Michaël Sanlaville, trop occupé par ses travaux dans l’animation, ne peut pas réaliser cette suite attendue chez KSTR. On apprend entre autres qu’il ne faudra pas forcément coller au style graphique du premier volume et que le rendu des 115 planches devra se faire au plus tard en avril 2010 !

  1. Non c’est pas « facile ». pas facile du tout, même.
    Bien sûr que j’aimerais en parler sereinement sur la place publique. Mais c’est juste pas possible.

    Vous commencez par faire 5 ans d’études après le bac, si vous avez de la chance et que vous travaillez assez dur, vous arriverez dans les 3 ou 4 ans qui suivent à proposer un projet à un éditeur.
    Puis vous négocierez votre premier contrat (avec quelqu’un en face de vous qui négocie 50 à 200 contrats par an) vous imaginez le problème?
    Le tout sans convention de branche, sans minimum garanti, sans souvent pouvoir en parler à d’autres (car les autres sont quand même un peu des concurrents, même de loin). Puis vous ferez votre « travail » mal rémunéré. Tout cela avec la pression des dates, du banquier qui vous harcèle, mais en gardant le sourire, car vous faites « un métier formidable » et que vous n’avez vraiment pas à vous plaindre.

    alors non, c’est pas facile de voir son nom ou celui d’un ami étalé à côté de « sa performance monétaire ».

  2. C’est facile ! Vous ne pouvez pas dire qu’en gros, KSTR paye 3500 euros les 200 pages et qu’il faut vous croire sur parole parce qu’on en saura pas plus… C’est votre droit, mais difficile alors d’accorder du crédit à vos propos.

  3. – Vas-y mon pote, donne nous des NOMS et les RÉMUNÉRATIONS correspondantes! Qu’on puisse bien regarder QUI gagne COMBIEN…

    (sans jugement moral, hein?)

  4. Deglingo fait partie de l’équipe du site et il n’a fait que passer en revue les notices éditeur pour retrouver celle de Baal dans laquelle vous avez puisé votre phrase.

    Vous dites qu’on a une volonté d’étouffer le discours autour de la rémunération, mais c’est tout le contraire. Plutôt que de tourner autour du pot en parlant de jugement moral sur la rémunération, citez des noms, d’autres exemples et dite nous si vous êtes un auteur, un proche, si vous avez des chiffres qui trahissent un traitement scandaleux de la part de l’éditeur. Si vous avez toutes ces données et qu’elles sont accablantes, pas la peine de la jouer Fantomas.

    Avancer des chiffres flous sur des à-valoir de bouquins dont on ignore tout ne fait qu’embrumer le débat.

  5. (Baal n’est pas le seul album Kstr à faire plus de 200 pages).

    Bon,
    visiblement la volonté de faire étouffer ce discours autour des rémunérations est sans limites.
    La bonne vieille technique de « Deglingo » consistant à jeter « des noms en pâture » est toujours d’actualité.
    Ca doit bien calmer ceux qui auraient eu envie de citer d’autres exemples.
    (bien joué!…)
    Le dénommé « JK » qui voulait « des exemples concrets » te remercie chaleureusement.

    sur le tabou de l’argent en France, il y a à mon sens une fausse interprétation. Ce n’est pas que « l’argent soit tabou, c’est que l’argent situe les gens sur une valeur morale.
    « S’il gagne autant, c’est qu’il n’est pas honnête ». « S’il gagne si peu, c’est qu’il se débrouille trop mal ». C’est ça le fameux « tabou ». C’est un simple jugement de valeur.
    Mais c’est évidemment plus commode de dire que c’est « tabou ».

    Quand aux « SUBVENTIONS DE L’ÉTAT » (que j’ai lu écrit en majuscules avec pas moins de 4 points d’exclamations par « Ze Troubadour ») elle servent aux éditeurs faisant du « low cost » à baisser d’autant le prix des à-valoirs.
    Ca ne signifie rien de plus.
    En revanche, elle servent quand même globalement à élargir le champ créatif, en particulier pour des albums vraiment originaux, c’est indéniable, et heureusement qu’elles existent.
    Que serait le cinéma français sans le CNC?

  6. Donc tant qu’à faire, autant nommer l’auteur dont Constantin parle (à son corps défendant peut être?) y a qu’à reprendre la note du service presse, il s’agit donc de Ludovic Lambour pour l’album Baal.

    http://bd.casterman.com/albums_detail.cfm?id=32537

    Si jamais l’auteur passe par la, il pourra confirmer ou pas… A ce prix la, le premier mojito est offert par la maison évidemment…

  7. DES CHIFFRES, DES CHIFFRES!

    3500 Euros d’À-VALOIR* pour un album chez Kstr « Un projet ambitieux de plus de 200 PAGES! » dixit le service de presse (tout à fait Rock & Roll).

    l’auteur en question n’a pas proposé son projet à d’autres éditeurs… alors évidemment pour la négociation… c’était… comment dire, mal engagé.

    Bien entendu, 3500 Euros bruts desquels il faut soustraire les cotisations sociales (environ 14%) le loyer du bureau dans lequel on travaille, l’amortissement du matériel informatique, le temps passé à se documenter, à monter le projet, et un peu d’investissement dans du matériel consommable.
    (oh les vilains mots pour un si joli métier!)
    Peut-être restera-t-il 2000 euros de bénéfice réel (et hop encore un gros mot!).

    Question subsidiaire, combien d’heures faut-il pour dessiner plus de 200 planches en style réaliste et en couleurs?
    Ils dessinent combien d’heures par semaine, les dessinateurs, en moyenne? 50h, 60h?

    Bien entendu on devrait faire les albums pour l’amour de l’art et non pas pour le POGNON…

    qu’on se rassure, ici on ne parle pas même pas de pognon, on parle juste de rémunérer un peu la création, par exemple sur une la base d’un minimum vital.. même un peu en dessous du minimum, ce serait encore bien.
    Eh bien non, même ça c’est trop pour Casterman.

    les auteurs qui n’aiment pas qu’on parle d’argent sont ceux qui sont souvent prêts à tous les renoncements (et personne ne leur jettera la pierre).
    Ceux qui bénéficient d’une soudaine poussée des ventes évitent également le sujet, on les comprend aussi!

    Le monde de l’édition change, les vieux auteurs doivent faire faire chauffer les crayons… travailler plus pour gagner… euh… moins!
    (attention les vieux, la sécu compte les 25 DERNIÈRES années d’activité et il faut gagner environ 7000 Euros annuels de bénéfices pour qu’une année fasse bien 4 trimestres)

    les jeunes aussi doivent faire attention… ce n’est pas le premier album qui est difficile à publier, c’est le 3ème ou le 4ème.

    Mais vous plaignez pas, vous faites un métier merveilleux.

    * l’éditeur ne fait que prêter de l’argent à l’auteur en attendant les ventes. Cela a l’avantage de mettre les auteurs en débit constant vis à vis de leur éditeur. Editeur qui fait de plus en plus souvent un pot commun de tous les à-valoirs. Un succès devant d’abord rembourser un échec avant de verser des droits à l’auteur.

  8. >>>MINIKIM >> tout à fait, ils se bougent le cul parce qu’ils ont pas le choix. en France, on a la chance d’avoir un marché gigantesque et PUTAIN(!!) des SUBVENTIONS DE L’ÉTAT!!!!
    et les bouquins d’ANKAMA et de KSTR sont pile dans le genre de BD que le CNL aide et là tu doubles la thune… mais il est où le problème.

    >>> cher FANTOMAS, enlève ton masque on t’a reconnu et je n’ai pas besoin d’avoir ton adresse IP pour savoir que tu es le même gars qui infuse le site de tes vraies-fausses infos.

    si tu ne vivais pas des le monde des bisounours, tu saurais que même une nouvelle collection dans un grand groupe n’a pas la main au fond de la poche de son papa tout le temps.

    tu saurais que comme toute entité commerciale, elle a un budget à ne pas dépasser et des chiffres de vente à faire, donc un retour sur investissement.
    RHOOOOO… les vilains mots pour un si joli métier de petit kiki qui veulent juste rester des gosses encore plus longtemps… pendant que leur femme fait le vrai boulot pour qu’ils puissent refuser d’aller travailler…

    donc un budget, des choix éditoriaux qui sont ma foi, plus qu’honorables.
    puisqu’ils renouvellent le paysage de la BD FR, sclérosé avec ces putains d’albums de 44 où il se passe rien et qu’il faut attendre UN AN !!!!

    et je remarque que tous les éditeurs nous ont sorti des intégrales plus ou moins petit format pour faire style, on occupe les rayons de GRAPHIC NOVEL nous aussi…

    je te conseille donc à toi… euh .. je veux dire à ton ami bien sur d’aller bosser au LOMBARD. une bonne maison de facture classique. qui fait ses preuves dans la BD bien carrée, en couleur, bien propre derrière les oreilles.

    je peux me tromper mais j’ai pas souvenir que JDM ait un jour bosser au LOMBARD (mais je peux me tromper…)

    soit tu signes là où (comme disait JDM , « ils veulent de toi … ») et tu as une vie d’artiste (tu sais le truc cool mais super dur parce qu’il faut être un peu BON EN DESSIN et avoir les yeux secs) soit tu pleures chez toi, tu as un vrai JOB et tu te laches sur internet…

    moi c’est pas pareil, je suis plein de VENIN 😉

  9. Moi aussi ça m’agace ces propos sur l’argent.

    En travaillant pour un éditeur type KSTR ou Ankama, tu PEUX vivre de la BD.

    Ici au Canada, c’est comme en Espagne (cf post de Troubadour), si tu veux pouvoir vivre de la BD soit tu travailles avec l’Europe, soit avec les USA.
    (Enfin, maintenant y’a aussi Glénat Québec et Glénat Espagne, mais ça, c’est un autre débat 🙂

    Les auteurs de BD que je côtoie à Montréal, s’ils n’arrivent pas à convaincre un « gros » éditeur, eh bien il s’auto éditent ou passent par de petites maisons d’éditions indé, ou l’expression « prix à la page » ne doit même pas exister.

    Une BD, autant que possible, ça se fait d’abord avec les tripes et le cœur…

  10. « nous parlons de deux jeunes structures (KSTR & ANKAMA) de moins de 5 ans  »

    Pour KSTR,jeune structure mon cul, ce n’est qu’une collection de chez Casterman, vénérable maison d’édition qui a largement les moyens de payer les auteurs correctement.

  11. le vrai problème pour un auteur, c’est pas de savoir combien il va toucher.
    mais combien de temps il lui faut pour tomber une planche et savoir si ce métier est rentable pour lui. jeune homme , tu as le zizi tout dur devant les planches de TRAVIS CHAREST, épouse une femme riche. 8ans pour faire 32 pages.
    je peux affirmer que cela n’est pas un bon ratio.

    dans tous les pays du monde, ils produisent de la BD au rabais, qui est payée au lance pierre, sans reconnaissance. en espagne, le prix à la planche tourne autour de 80 euros. il n’y a pas de marché.
    alors les BONS ESPAGNOLS vont taffer en france pour ceux qui ont le malheur d’aimer le ligne claire ou chez les 2 Géants ricains quand ils ont du gout.

    ici, nous parlons de deux jeunes structures (KSTR & ANKAMA) de moins de 5 ans qui font des GRAPHIC NOVEL bien imprimés (sauf VILLEBREQUIN) et où la liberté artistique « semble » être le principal point commum.

    mais aller bosser chez BAMBOO, les gars!!!!
    à faire les POMPIERS 19 ou les PROFS BLONDES 25.
    et regarder le type de respect que vous aurez à ANGOULEME…

    et même BAMBOO, réinvesti son fric dans des séries de polars qui sont moais bin ils essayent quoi…

  12. Oui, y a plein de Deep throat qui parlent en langage codé. Mais c’est difficile de discuter sur des données sorties d’on ne sait où…
    Je sais qu’en France parler de pognon c’est tabou, mais si parmi les lecteurs de ce sujet certains ont des exemples concrets ou personnels, ça serait le mieux !

  13. si les auteurs de BD franco-belge amateurs pleurent sur les tarifs des forfaits pour les ONE SHOT, ils n’ont qu’à travailler plus vite.

    à base de 22 pages par mois, comme les ricains, cela laisse plus trop le temps pour mouiller les kleenex, non?
    et puis quand on a ce ratio…
    un album de 44 pages chez soleil, on le tronche vite, et du coup on peut se faire plaisir sur un ONE SHOT de plus de 100 pages.

    ou continuer à pleurer…

    50x30jours=1100E
    à faire un métier cool dans un cool format avec de plus petites pages.
    1100×4,5=5000 , donc 4 mois de taffe. et alors ?

  14. LA BD C’EST PAS FAIT POUR SE FARCIR LES POCHES DE FRIC.
    sinon ceux qui font ça,
    entre les gars de WART qui doivent pas toucher lourd en faisant un BLOG, jusqu’au dessinateur qui a le choix entre faire de la BD parce que c’est cool et comme tu vois jamais les éditeurs (donc ton patron) t’es à l’aise chez toi à 11H quand les autres sont au bureau à se demander à quelque heure, ils vont manger à MIDI…

    le meilleur ratio pour la thune, c’est la COKE.
    t’as pas ton nom sur les paquets, mais la thune elle arrive bien chez toi.

    je vois qu’on a un troupeau de « GORGE PROFONDE », ici…
    et je vais le dire en anglais… DEEP THROAT SUCK.

    pour les incultes, et ceux né en 1991,
    c’est un porno, et le nom de l’informateur de WATERGATE.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gorge_profonde_(film)

  15. 50 Euros, même pas de quoi payer une tournée de mojitos… Dur !

    M’enfin ça ferait le forfait à 5000 euros pour 100 pages… Vous êtes bien sur des comptes de vos amis ? 😉

    Et puis si l’on parle de forfait, peut être que revenir au prix à la page a moins de sens, non ?

  16. Je peux donner des chiffres. Un forfait global dont le prix à la page revient à 50 euros.

  17. Ah mais c’est pénible ça. Vous pouvez pas dire tranquillement que les auteurs sont sous-payés sans donner d’exemples ou de chiffres. C’est trop facile. Une personne a fait la même chose dans un sujet Ankama et on attend toujours qu’il étaye ses propos…

  18. Au prix où sont payés les auteurs chez KSTR (catalogue Low Cost de Casterman) le dessinateur pressenti devra aussi bénéficier d’une subvention latérale (petit boulot avec santé de fer ou conjoint prof, par exemple)

  19. ouh lala entrez dans les bottes de Michaël Sanlaville,
    faut être un BON et un PRO qui n’a pas d’album en cours…
    chaud, j’en connais un qui doit se la donner sur internet
    sur les blogs des dessinateurs. he he he.

    euh… sans mauvais esprit. est-que l’autre Frère BORG garde vraiment les dossiers de projets BD qu’il reçoit ?
    parce que soit il a signé TOUT ce qui était bon,
    soit il doit y avoir dans le tas, un mec (ou une meuf )
    qui peut correspondre… moi je dis ça , je dis rien…
    RIEN.

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