Sherlock Holmes : le livre n’est (vraiment) pas près de mourir

Il y a quelques semaines, vous pouviez lire notre enthousiasme pour le Cathy’s book, ce roman atypique, farci de fac-similés et de numéros de téléphone à appeler. Dans la même catégorie d’ouvrages ambitieux, Sherlock Holmes : Les Crimes du docteur Watson vient de paraître aux éditions Tornade. À l’italienne, ce livre de Duane Swierczynski, auteur multicarte ayant participé à Punisher ou Immortal Iron Fist, est une véritable enquête interactive, aux pages remplies de preuves et de reproductions en tous genres. Après les deux superbes Holmes de Brunschwig et Cecil, les fans du détective sont servis.

Concrètement, l’auteur, dans la peau d’un journaliste, propose à ses lecteurs de découvrir une liasse de documents ayant appartenu à Watson, recueillis durant son incarcération pendant le grand hiatus – période où Holmes est présumé mort, disparu dans les chutes de Reichenbach. La longue lettre de Watson est adressée au colonel Resmo, seul personnage à même de le sortir du bourbier dans lequel il s’est fourré, sombre histoire de mutilation et d’incendie volontaire au 221 B Baker Street.

Si l’aspect ludique permet de découvrir le fond du mystère par soi-même, à l’aide des indices et preuves cachées dans des enveloppes, des reproductions de journaux ou de L’Ultime problème, récit de la mort présumée de Holmes, un cahier scellé en fin d’ouvrage contient la réponse du colonel, qui décrypte toute l’enquête. Bien écrit et original, le récit s’accompagne de nombreuses illustrations de Clint Hansen. En toute logique Batman : murder at Wayne manor, l’autre livre-enquête de Swierczynski qui vient de sortir aux USA, devrait arriver chez nous l’année prochaine. À moins que Piques assassines au PS n’envahisse les têtes de gondole d’ici là.