Un Miyazaki en chasse un autre

Dernière production en date du mythique studio d’animation Ghibli, le film Les Contes de Terremer débarque en France auréolé d’une critique nippone sulfureuse. Habitué à produire les longs métrages de Hayao Miyazaki (Porco Rosso, Princesse Mononoké ou bien encore Le Voyage de Chihiro), le studio a cette fois-ci fait confiance au fils de ce dernier, Goro Miyazaki.

Véritable révolution de palais, l’arrivée du fiston à la tête d’une production estampillée Ghibli n’est pas passée inaperçue et a déclenché beaucoup de circonspections dans la presse et chez les fans. Jusqu’alors responsable du musée Ghibli, le néo-réalisateur ne s’est pas facilité la tâche pour son premier film en adaptant la série littéraire Terremer de l’américaine Ursula K Le Guin qui voit son héros tuer son propre père.

La symbolique familiale est évidemment toute trouvée – presque trop évidente – et va avoir de lourdes répercussions tout le long de la production et lors de la sortie en salle, Miyazaki père n’ayant de cesse d’étriller son fils sur ses capacités. Résultat, si le long métrage connut un certain succès public dans l’archipel, il reçut également le prix du plus mauvais film de l’année par les journalistes japonais.

En France, la découverte de cette animation se fera certainement avec moins de pression et de passion pour un récit certes inégal mais bénéficiant de tout le savoir-faire des équipes du studio Ghibli. Ces dernières ne chôment d’ailleurs pas, tout le monde travaillant déjà sur un nouveau film de Miyazaki, mais cette fois-ci père. Nommé en japonais Gake no ue no Ponyo, l’histoire devrait mettre en scène la princesse des mers Ponyo, rêvant de devenir humaine, qui va rencontrer un tout jeune homme, ce personnage étant, d’après l’auteur, inspiré de son propre fils.

Considérant la décision de Gorô de réaliser les contes de Terremer comme un acte de rebellion, dû au fait qu‘il ne s‘est pas occupé de lui plus jeune, Hayao Miyazaki semble bien décidé à laver son linge sale en public et par pellicule interposée… Tant que tout cela nous offre un nouveau chef-d’œuvre, la rédaction de Wart vote pour.

Les images sont © Buena Vista International.

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